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ROTHSCHILD & CO : Conflit au Moyen-Orient, après 20 jours ?
19/3/2026

Vingt jours après le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, la situation apparaît plus complexe et plus tendue qu’anticipée initialement par les États-Unis et leurs alliés.
La réponse iranienne s’est révélée plus offensive, combinant le blocage partiel du passage des tankers dans le détroit d’Ormuz et des attaques ciblées contre des installations pétrolières de pays arabes de la région. Ces développements ont ravivé les craintes d’une perturbation durable des flux énergétiques mondiaux.
Parallèlement, la neutralisation des 440 kilogrammes d’uranium enrichi identifiés1 demeure un objectif difficile à atteindre, renforçant l’incertitude géopolitique. Les conséquences sont particulièrement sensibles en Asie, principale zone exposée : près de 84 %2 des exportations d’hydrocarbures transitant par le détroit d’Ormuz sont destinées aux économies asiatiques, fortement dépendantes de ces approvisionnements.
L’annonce par les membres de l’Agence internationale de l’énergie de la libération de 440 millions3 de barils issus des réserves stratégiques — soit l’équivalent d’environ 24 à 26 jours de trafic dans le détroit — n’a pas entraîné de baisse significative des prix du pétrole. Cette mesure semble toutefois avoir joué un rôle d’amortisseur, évitant une envolée encore plus marquée du baril dans un contexte déjà tendu.
Une réaction des marchés plus mesurée qu’en 2022
Malgré la gravité de la situation, la réaction des marchés financiers demeure plus contenue que lors du déclenchement de la guerre en Ukraine en 2022. Les prix de l’énergie ont certes fortement progressé, avec une hausse d’environ 70 % du Brent3 et un doublement du prix du gaz en Europe, mais sans provoquer de désorganisation systémique immédiate.
Les marchés européens du gaz et de l’électricité amplifient moins la hausse du pétrole qu’en 2022. Cette moindre transmission s’explique par une dépendance réduite aux importations de gaz russe, mais également par une meilleure disponibilité de la production nucléaire et hydraulique sur le continent.
Sur le front monétaire, les investisseurs anticipent désormais une réduction des prochaines baisses de taux de la Réserve fédérale, voire un durcissement supplémentaire de la politique monétaire de la Banque centrale européenne. Dans ce contexte, les taux souverains à dix ans se sont tendus de manière significative, de l’ordre de 15 points de base au Japon à 50 points de base au Royaume‑Uni, et d’environ 40 points de base aux États‑Unis et en Zone euro3.
Les marchés actions ont, quant à eux, été sanctionnés de manière diverse. Les places asiatiques et européennes ont enregistré des reculs marqués, de l’ordre de 7 % en moyenne3, même si la baisse est restée deux fois moins prononcée en Chine. En Europe, ces mouvements ont effacé l’essentiel des gains accumulés sur un an en France et en Allemagne. À l’inverse, les marchés américains ont mieux résisté, avec une correction limitée à environ 3 % en dollars, et à peine 1 % une fois convertie en euros3.
Pourquoi les marchés ont-ils été relativement résilients ?
Cette réaction relativement contenue s’explique par l’espoir que les conséquences du conflit restent durables mais modérées. Plusieurs facteurs alimentent le sentiment de marché. D’abord, le calendrier politique américain limite la probabilité d’un engagement militaire prolongé, à l’approche des élections de mi-mandat en novembre. Ensuite, le marché pétrolier disposait, avant le conflit, d’un excédent de capacités de production par rapport à la demande mondiale, ces capacités restant potentiellement mobilisables.
La Chine joue également un rôle clé dans cet équilibre fragile. En tant que principal débouché des exportations iraniennes — environ 85 %3 —, Pékin pourrait intervenir pour contenir les conséquences économiques du conflit. De plus, l’Iran pourrait autoriser le transit des tankers à destination de pays considérés comme « amis », tels que la Chine, le Pakistan ou l’Inde, représentant près de 50 % du trafic total du détroit d’Ormuz4.
Sur le plan macroéconomique, les pressions inflationnistes liées à la hausse des prix de l’énergie devraient rester plus modérées qu’en 2022. À l’époque, la demande des ménages avait été artificiellement soutenue par l’épargne accumulée durant la période du Covid.
Enfin, il convient de souligner que les infrastructures de production d’hydrocarbures du Moyen‑Orient n’ont pas été détruites à ce stade : le choc actuel concerne avant tout les conditions d’acheminement, et non la capacité de production elle‑même.
Une prudence toujours de mise
Pour autant, ce scénario reste conditionnel. Un embrasement plus large de la zone, impliquant des destructions d’installations de production d’hydrocarbures, changerait radicalement la donne. Un tel choc d’offre provoquerait une hausse bien plus marquée des prix de l’énergie et pèserait lourdement sur les perspectives de croissance mondiale.
Dans ce contexte d’incertitude élevée, il apparaît difficile de considérer que de réelles opportunités se sont matérialisées pour augmenter significativement les expositions aux marchés actions.
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