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R-co Strategic Metals & Mining : investir au cœur de la nouvelle bataille des ressources
12/6/2026

Les métaux stratégiques occupent une place de plus en plus importante dans les grands équilibres économiques mondiaux. Derrière la transition énergétique, le développement de l'intelligence artificielle, la modernisation des infrastructures ou encore les enjeux de souveraineté industrielle se cache un besoin croissant en ressources minières. Pourtant, après plusieurs années de sous-investissement, l'offre peine à suivre le rythme d'une demande appelée à progresser durablement. Dans ce contexte, les sociétés minières retrouvent progressivement l'attention des investisseurs, même si le secteur reste encore relativement peu représenté dans les allocations traditionnelles. Nous avons échangé avec l'équipe de gestion de R-co Strategic Metals & Mining afin de mieux comprendre les perspectives du secteur, les principaux moteurs de croissance à long terme et la manière dont le fonds se positionne pour tirer parti de ces évolutions.
Questions ITW – R-co Strategic Metals & Mining
Après plusieurs années de sous-investissement dans le secteur minier, assiste-t-on aujourd’hui selon vous au début d’un nouveau cycle structurel sur les métaux stratégiques ?
Sans métaux, pas de croissance mondiale. Tout ce que vous voyez et touchez dans votre environnement provient soit de l’agriculture, soit des ressources minérales. Historiquement, la demande en métaux par habitant et par an a été multipliée par 1,8 entre les années 1920 et 1940 avec l’urbanisation, puis par 2,7 des années 1950 au début des années 1980 en raison de l’industrialisation.
Cependant, un nouveau paradigme émerge aujourd'hui. La transition énergétique et la reconfiguration des chaînes de valeur pourraient encore multiplier cette demande par 2,3 d’ici 2050. C’est un changement fondamental : les métaux ne sont plus seulement des ressources industrielles, mais des piliers stratégiques pour l’électrification et la souveraineté, dans une logique de reprise en main des chaînes d’approvisionnement, et ce dans un contexte géopolitique sous pression entre guerres commerciales et conflits armés.
En face, l’offre ne peut pas s’ajuster rapidement. Le secteur a souffert de plusieurs années de sous-investissement, les découvertes de nouveaux gisements sont insuffisantes, les réserves s’amenuisent et les délais de développement sont extrêmement longs : entre l’exploration et la mise en production d’une mine, il faut souvent autour de quinze ans.
Ce décalage entre une demande qui accélère et une offre structurellement contrainte crée, selon nous, les conditions d’un cycle long, potentiellement comparable aux grands cycles de matières premières observés lors des phases d’urbanisation, d’industrialisation ou de mondialisation. Ce qui est frappant, c’est que ce mouvement n’est pas encore pleinement intégré par les marchés. Nous voyons donc une situation assez rare : des fondamentaux de long terme très solides, mais une reconnaissance encore limitée de la part des investisseurs.
Le portefeuille reste fortement exposé aux producteurs majeurs mais également aux sociétés de nouvelle génération de projets miniers. Pourquoi ce positionnement vous paraît-il particulièrement pertinent aujourd’hui ?
Ce positionnement est au cœur de notre approche, car il permet de combiner deux sources de performance complémentaires.
Les grands producteurs constituent la première brique du portefeuille. Ils offrent une exposition directe à la dynamique actuelle des métaux, avec des actifs déjà en production, une capacité bénéficiaire plus visible et un levier opérationnel à la hausse des prix. Dans un environnement où les métaux deviennent stratégiques, les meilleurs opérateurs mondiaux peuvent bénéficier d’une amélioration de leurs marges, d’une discipline accrue du capital et, dans certains cas, d’un retour plus important aux actionnaires.
Mais la deuxième brique est tout aussi importante : les sociétés de nouvelle génération, c’est-à-dire les développeurs de projets miniers et les sociétés d’exploration. Dans un monde où l’offre future est insuffisante, les mines de demain deviennent des actifs particulièrement précieux. Les sociétés capables de découvrir, développer ou sécuriser des ressources de qualité peuvent créer une valeur considérable. C’est précisément là que se trouve une partie du potentiel différenciant du fonds. Une découverte minière significative, ou la progression d’un projet vers la production, peut entraîner une revalorisation très importante d’une société. Ce type d’exposition est plus risqué, naturellement, mais il permet aussi de capter une forme d’alpha difficilement accessible via les seuls grands producteurs.
Nous cherchons donc à équilibrer le portefeuille entre la robustesse relative des producteurs établis et le potentiel de création de valeur des projets émergents. C’est particulièrement pertinent aujourd’hui, car le marché commence à comprendre que la prochaine décennie ne pourra pas être alimentée uniquement par les mines existantes.
Entre transition énergétique, électrification, IA, infrastructures et souveraineté industrielle, quelles sont aujourd’hui les thématiques qui soutiennent le plus durablement la demande en métaux stratégiques ?
La demande est aujourd’hui portée par plusieurs moteurs structurels qui se renforcent mutuellement.
Le premier, évidemment, est la transition énergétique. Les énergies renouvelables, les véhicules électriques, les batteries et les réseaux électriques nécessitent des volumes considérables de métaux. Le cuivre est probablement l’exemple le plus emblématique : il est indispensable à l’électrification, aux réseaux, aux véhicules électriques, aux énergies renouvelables et aux data centers. La demande de cuivre liée à la transition énergétique pourrait doubler d’ici 2030. Un véhicule électrique consomme également plusieurs fois plus de métaux qu’un véhicule thermique, ce qui transforme profondément l’intensité métallique de la mobilité.
Le deuxième moteur est l’intelligence artificielle et les infrastructures numériques. Les data centers nécessitent des quantités croissantes d’électricité, de câbles, de systèmes de refroidissement, de composants électriques et donc de métaux. La part des centres de données dans la demande de cuivre devrait fortement progresser dans les décennies à venir. On parle beaucoup des semi-conducteurs, des logiciels ou des modèles d’IA, mais toute cette révolution repose sur une infrastructure physique très consommatrice de ressources.
Le troisième moteur est la souveraineté industrielle. La pandémie, les tensions commerciales et les conflits géopolitiques ont rappelé aux États que l’accès aux matières premières critiques est un enjeu de sécurité nationale. Aujourd’hui, une part très importante du raffinage mondial des métaux est concentrée en Chine, parfois au-delà de 80 % pour certains métaux critiques. Cela pousse les États-Unis, l’Europe, le Canada, l’Australie ou le Japon à sécuriser des chaînes d’approvisionnement plus diversifiées et plus résilientes.
Enfin, la défense et la réindustrialisation constituent également des moteurs importants. Les terres rares, le titane, l’aluminium, le cuivre, le nickel ou encore certains métaux de spécialité sont essentiels dans l’aéronautique, l’armement, les capteurs, les satellites ou les systèmes de communication avancés.
Ce qui rend le thème particulièrement puissant, c’est que ces moteurs ne sont pas cycliques au sens classique. Ils correspondent à des transformations de long terme : électrification, numérisation, relocalisation, sécurité énergétique et souveraineté matérielle.
Le secteur minier reste historiquement très volatil. Comment construisez-vous aujourd’hui un portefeuille capable de capter le potentiel du thème tout en maîtrisant le risque ?
La volatilité fait partie intégrante du secteur minier. Elle provient des variations de prix des matières premières, des risques opérationnels, des délais de développement, des enjeux réglementaires, des risques pays et, dans certains cas, de la liquidité plus limitée des petites capitalisations. Il faut donc l’aborder avec une méthodologie rigoureuse.
Notre première réponse est la diversification par sous-thèmes. Le portefeuille ne repose pas sur une seule matière première ni sur un seul type d’entreprise. Nous combinons des producteurs majeurs, des développeurs de projets, des sociétés exposées aux matériaux de spécialité et des entreprises liées à la transformation ou aux nouvelles technologies minières. Cette approche permet de capter plusieurs sources de performance : le bêta du secteur, l’alpha lié à la sélection de titres, les situations de revalorisation et les opportunités liées aux fusions-acquisitions.
La deuxième réponse est l’allocation dynamique. Tous les métaux ne sont pas au même stade du cycle. Certains marchés sont en déficit, d’autres en phase de reprise, d’autres encore restent pénalisés par des excès d’offre temporaires. Nous ajustons donc l’exposition en fonction des équilibres offre-demande, des valorisations, de la qualité des actifs et du profil de risque.
La troisième réponse est la sélection de titres. Dans l’exploration et le développement minier, il ne suffit pas d’acheter une thématique. Il faut analyser la qualité géologique des actifs, la robustesse économique des projets, les coûts de développement, la gouvernance, la juridiction, les infrastructures existantes, la capacité de financement et le potentiel de mise en production. C’est un travail très spécifique, qui nécessite une expertise sectorielle approfondie.
Enfin, nous construisons un portefeuille de conviction, mais encadré. L’objectif n’est pas d’éliminer le risque — ce serait impossible sur ce segment — mais de le rémunérer correctement. Nous cherchons à identifier les sociétés où le potentiel de création de valeur justifie le niveau de volatilité accepté.
Beaucoup d’investisseurs restent encore sous-exposés aux matières premières et aux minières. Est-ce justement aujourd’hui ce manque d’intérêt qui crée selon vous les meilleures opportunités ?
Oui, c’est précisément ce décalage qui rend la thématique intéressante. Les métaux sont devenus essentiels à la transition énergétique, à l’IA, aux infrastructures et à la souveraineté industrielle, mais ils restent très peu représentés dans les portefeuilles des investisseurs.
L’exemple le plus parlant est celui du marché actions américain : le secteur des métaux et des mines représente une fraction très réduite de l'indice S&P 500, alors que certaines grandes valeurs technologiques pèsent plusieurs dizaines de fois plus. Pourtant, il n’y aura pas de développement massif de l’intelligence artificielle, des véhicules électriques, des énergies renouvelables ou des réseaux électriques sans accès sécurisé aux métaux nécessaires pour construire cette infrastructure physique.
Cette sous-exposition crée une forme d’asymétrie. D’un côté, les fondamentaux s’améliorent : demande structurelle, offre contrainte, tensions géopolitiques, soutien des politiques publiques. De l’autre, les valorisations et les allocations ne reflètent pas encore pleinement cette réalité. C’est souvent dans ces phases de désintérêt que se créent les meilleures opportunités de long terme. Lorsque les investisseurs redécouvrent un secteur après plusieurs années de sous-allocation, le mouvement de revalorisation peut être significatif, surtout si les fondamentaux sont déjà en place.
Notre conviction est donc que les métaux stratégiques constituent aujourd’hui un thème d’investissement encore sous-estimé, mais de plus en plus incontournable. Le rôle du fonds est précisément de donner accès à cette transformation, en combinant les producteurs établis, les projets de nouvelle génération et les segments les plus exposés à la rareté physique, à la réindustrialisation et à la souveraineté matérielle.
AVIS CROSINVESTING : Les métaux stratégiques reviennent progressivement au centre des préoccupations des investisseurs. Derrière les débats sur l'intelligence artificielle, les infrastructures électriques ou la souveraineté industrielle se cache une réalité simple : ces évolutions nécessitent des volumes considérables de matières premières dont l'offre peine à suivre le rythme.
Nous apprécions l'approche du fonds, qui combine des producteurs déjà rentables avec des sociétés de développement susceptibles de bénéficier de la mise en production des futures capacités minières. Cette diversification au sein même de la chaîne de valeur permet d'accéder à plusieurs moteurs de performance plutôt que de dépendre uniquement de l'évolution des prix des métaux.
Il ne s'agit toutefois pas d'une stratégie destinée à constituer le cœur d'une allocation. La volatilité du secteur reste élevée et les cycles peuvent être parfois brutaux. En revanche, dans une logique de diversification de long terme, une pondération modérée de l'ordre de 5 % nous paraît pertinente. Cette exposition permet d'accéder à une thématique structurelle encore relativement peu présente dans les portefeuilles, tout en conservant un niveau de risque global cohérent avec une gestion patrimoniale équilibrée.
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