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PICTET AM - Bourse : Quelle gestion du risque en période de crise ?
1/4/2026

Depuis la Covid, les crises s’enchaînent à toute allure. Conséquence, investir en bourse donne parfois l’impression d’être sur des montagnes russes. D’où l’importance d’avoir une bonne gestion des risques pour faire face aux chocs externes qui touchent les actions.
Copier les institutionnels
Face à un regain d’aversion au risque, la première chose à faire est de ne pas paniquer et de faire le dos rond. C’est d’ailleurs souvent la meilleure approche quand on a une stratégie d’investissement sur plusieurs années. L’étude de référence de Guidolin et La Ferrara, publiée en 2010, analyse 28 conflits internationaux et leur impact sur l’indice boursier MSCI World. C’est sans appel. Deux ont provoqué une réaction négative importante des actions tandis que trois, dont la guerre en Irak en 2003, ont entraîné une hausse des actions. Dans une large majorité des cas, les conflits militaires ont eu un effet proche de zéro sur les actions. Après une phase de forte volatilité, les prix ont tendance à revenir rapidement à la moyenne.
On peut également ajuster un peu son allocation d’actifs afin de saisir des opportunités. C’est ce que les institutionnels font. En règle générale, ils détiennent plus de cash que d’habitude en portefeuille et vont se positionner tactiquement sur les valeurs refuge – actions de la défense et de l’énergie dans le cas de la guerre en Iran. Plus rarement l’or qui ne se comporte pas comme une valeur refuge en période de risque géopolitique contrairement à ce que l’on croit. Ils peuvent aussi décider d’investir sur des secteurs délaissés qui ont été sanctionnés de manière indiscriminée par le marché – c’est le cas des logiciels dernièrement.
Certains vont plus loin, en optant pour des stratégies long-short qui sont parfaitement adaptées aux situations de forte volatilité et d’incertitude élevée en bourse. Il s’agit ni plus ni moins que de stock-picking. Par exemple, acheter des actions pétrolières américaines et vendre des actions de compagnies aériennes européennes. C’est un trade qui a très bien fonctionné ces dernières semaines dans le contexte de la flambée des prix du pétrole. Cette stratégie est également bien adaptée aux marchés boursiers fortement impactés par l’immixtion du politique, comme la bourse chinoise où le régulateur peut mettre à terre des entreprises en très bonne santé (par exemple, le voyagiste Trip.com qui a fait l’objet d’une enquête fin 2025 pour infraction aux lois de la concurrence).
Détenir de la convexité
Enfin, il est possible de gérer son risque en détenant de la convexité. Concrètement, cela implique de détenir des options en portefeuille afin de se protéger lorsque le marché est en phase de forte baisse. Les options de vente hors de la monnaie (OMT puts) sont les plus courantes. Elles donnent le droit de vendre un actif à un prix fixé – le strike – qui est inférieur au cours actuel du marché. Ces options ont un coût raisonnable et s’avèrent très précieuses en cas de forte chute (comme lors de la Covid ou au début de la guerre en Ukraine).
Prenons un exemple. Supposons qu’on détienne un portefeuille d’actions pour une valeur de 100 000 euros. Le marché est à 100. Pour se protéger contre les vents contraires, on achète des options de vente hors de la monnaie avec un strike à 80. L’utilisation de l’option coûte 1000 euros. Si le marché chute de 5%, son intérêt est faible. En revanche, si la chute est plus importante, c’est différent. Supposons que la baisse soit de 30% avec un marché qui passe de 100 à 70. La perte théorique de son portefeuille est de 30 000 euros. Mais, bonne nouvelle, les options rapportent de l’argent. Elles ont désormais une valeur de 10 (prix strike à 80 – niveau du marché à 70). Le gain en portefeuille qui en résulte est de 10 000 euros. Grâce aux options, la perte nette du portefeuille n’est plus de 30 000 euros mais de 20 000 euros (sans oublier le coût de la couverture).
Les options constituent une assurance qui est souvent utilisée par les institutionnels, plus rarement par les particuliers. Elles sont toutefois accessibles à tous. Leur utilité est évidente en période de forte baisse des marchés, moins lorsque les fluctuations sont faibles.
