En cliquant sur « Accepter », vous acceptez le stockage de cookies sur votre appareil pour améliorer la navigation sur le site, analyser l'utilisation du site et nous aider dans nos efforts de marketing.
Retour

MANDARINE GESTION - Transition énergétique : le retour en force d’une thématique oubliée

21/5/2026

Après plusieurs années de doute, la transition énergétique revient au centre du jeu économique et financier.

Le « backlash ESG », la réélection de Donald Trump aux États-Unis et les tensions géopolitiques auraient pu laisser penser que le sujet était relégué au second plan. Pourtant, la réalité est plus nuancée : loin de disparaître, la transition se transforme. Elle est désormais portée moins par le seul impératif climatique que par trois moteurs puissants : la souveraineté énergétique, la compétitivité industrielle et l’essor de l’intelligence artificielle. Malgré le bruit politique, les entreprises engagées dans la transition continuent d’investir, d’innover et de déployer leurs solutions. Le marché semble d’ailleurs commencer à le reconnaître.

Le paradoxe américain

Aux États-Unis, l’arrivée de Donald Trump aurait pu être perçue comme un coup d’arrêt brutal. Son discours favorable aux énergies fossiles et sa volonté affichée de remettre en cause certaines politiques climatiques semblaient annoncer un retour en arrière. Pourtant, les marchés ont réagi de façon contre-intuitive : les valeurs liées à la transition énergétique ont rebondi depuis son retour au pouvoir.

Ce paradoxe s’explique par une approche plus pragmatique qu’idéologique. Le nouveau plan budgétaire américain ne supprime pas l’ensemble des soutiens à la transition : il les réoriente vers les technologies maîtrisées par les États-Unis ou jugées stratégiques pour leur industrie. Le nucléaire, les turbines à gaz, la capture carbone, les biocarburants ou encore les réseaux électriques continuent ainsi de bénéficier d’un soutien important.

À l’inverse, les technologies trop dépendantes des chaînes d’approvisionnement étrangères, comme certaines composantes du solaire ou de l’éolien, sont moins favorisées. La transition américaine ne disparaît donc pas : elle devient plus protectionniste et plus industrielle.

Le mouvement de relocalisation va dans le même sens. En reconstruisant des usines sur leur sol, les États-Unis accélèrent indirectement la modernisation énergétique de leur appareil productif. Les nouvelles capacités industrielles intègrent davantage d’efficacité énergétique, d’électrification et de technologies propres. Le reshoring devient ainsi un levier inattendu de transition.

L’IA, nouveau moteur de la demande électrique

L’autre grand accélérateur est l’intelligence artificielle. Le déploiement massif des data centers entraîne une hausse spectaculaire des besoins en électricité. D’après l’Agence internationale de l’énergie (rapport AIE ‘Energy and AI’, avril 2025), l’IA pourrait porter la croissance annuelle de la demande électrique autour de 5 % d’ici 2030, contre 1 à 2 % au cours des dernières années.

Cette pression crée un besoin urgent de nouvelles capacités de production, mais aussi de réseaux plus performants. Les solutions les plus rapidement déployables — solaire, batteries, piles à combustible, réseaux intelligents — retrouvent ainsi un marché adressable très important.

Les grands acteurs technologiques sont directement concernés. Google, Meta ou Amazon doivent sécuriser leur approvisionnement énergétique tout en maîtrisant l’empreinte carbone de leurs infrastructures. Ils investissent donc dans des solutions plus efficaces, des puces moins énergivores et des data centers optimisés. L’IA, souvent présentée comme un risque pour la transition, devient aussi un puissant facteur d’investissement dans les infrastructures énergétiques.

La souveraineté énergétique redevient prioritaire

Les tensions au Moyen-Orient renforcent encore cette dynamique. Le risque pesant sur le détroit d’Ormuz rappelle la dépendance de nombreuses économies aux flux énergétiques mondiaux. Cette prise de conscience est particulièrement forte en Asie, où le Japon et la Corée du Sud accélèrent leurs investissements dans le nucléaire et les renouvelables pour réduire leur exposition aux importations de pétrole et de gaz.

En Europe, le sujet est également de retour. La guerre en Ukraine avait déjà montré la fragilité du continent face à sa dépendance au gaz russe. Depuis, une partie de cette dépendance a été déplacée vers d’autres fournisseurs, notamment le Qatar ou l’Algérie, sans régler la question de fond : l’Europe reste insuffisamment souveraine sur le plan énergétique.

MANDARINE GESTION Achevé de rédiger le 11/05/2026 par l’équipe Actions Climat

La réponse pourrait passer par une relance plus pragmatique des investissements nationaux. La France remet par exemple l’accent sur les pompes à chaleur et l’électrification des bâtiments. D’autres pays européens cherchent aussi à renforcer leur autonomie. L’enjeu n’est plus seulement climatique : il est aussi industriel, car le coût et la disponibilité de l’énergie conditionnent les décisions d’investissement des entreprises.

La Chine en position de force

Dans ce paysage recomposé, la Chine conserve une avance considérable. Depuis quinze ans, elle a placé les technologies de transition au coeur de ses plans industriels. Véhicules électriques, batteries, panneaux solaires, réseaux intelligents, matériaux critiques : Pékin domine aujourd’hui une grande partie des chaînes de valeur mondiales.

Cette avance lui permet désormais d’exporter ses solutions vers les pays émergents, notamment en Asie du Sud-Est, en Amérique latine et en Afrique. Des groupes comme BYD illustrent cette stratégie : après avoir conquis leur marché domestique, ils développent des capacités de production à l’étranger et visent de nouveaux débouchés.

Pour les entreprises chinoises, l’export est souvent plus rentable que le marché intérieur, très concurrentiel et encadré. Cette internationalisation pourrait donc devenir un puissant relais de croissance.

Une transition moins idéologique, plus stratégique

La transition énergétique change de nature. Elle n’est plus seulement portée par la réglementation ou par les engagements ESG. Elle répond désormais à des besoins concrets : produire plus d’électricité, sécuriser les approvisionnements, moderniser l’industrie, réduire les dépendances et rester compétitif.

Les technologies existent déjà pour une grande partie des usages : pompes à chaleur, véhicules électriques, batteries, réseaux intelligents, renouvelables ou nucléaire. Le véritable enjeu n’est donc plus uniquement technologique. Il tient à la capacité des États et des entreprises à investir vite, massivement et de manière cohérente.

Dans ce contexte, le « backlash ESG » apparaît moins comme une remise en cause de la transition que comme une recomposition de ses moteurs. La transition énergétique n’a pas disparu : elle devient plus économique, plus géopolitique et plus stratégique.

Avertissement

Ce document est destiné à des clients professionnels. Il ne peut être utilisé dans un but autre que celui pour lequel il a été conçu et ne peut pas être reproduit, diffusé ou communiqué à des tiers en tout ou partie sans l’autorisation préalable et écrite de Mandarine Gestion. Il peut refléter des analyses ou opinions subjectives de collaborateurs de Mandarine Gestion susceptibles de changer sans préavis. Aucune information contenue dans ce document ne saurait être interprétée comme possédant une quelconque valeur contractuelle et ne constitue aucunement une offre, une recommandation, un conseil en investissement, un avis juridique ou fiscal, une recommandation ou une offre de vente ou d'achat de quelque instrument ou service financier que ce soit. Ce document est produit à titre purement indicatif. Il constitue une présentation conçue et réalisée par Mandarine Gestion à partir de sources qu’elle estime fiables. Bien que toutes les diligences aient été effectuées, Mandarine Gestion ne saurait apporter de garantie ou assurance quant à l’exactitude, complétude ou fiabilité des données présentées. Mandarine Gestion se réserve la possibilité de modifier les informations présentées dans ce document à tout moment et sans préavis et décline toute responsabilité quant au contenu et à l'utilisation qui pourrait en être faite et ne saurait être reconnue responsable de quelque manière que ce soit si les données ou les éléments graphiques présentés dans ce document contenaient des inexactitudes, omissions ou erreurs. Mandarine Gestion ne saurait être tenue responsable de toute décision prise ou non sur la base d’une information contenue dans ce document, ni de l’utilisation qui pourrait en être faite par un tiers. Les performances, classements, prix, notations et statistiques passés ne sont pas un indicateur fiable des performances, classements, prix, notations et statistiques futurs. Les performances ne sont pas constantes dans le temps et ne font l’objet d’aucune garantie. Investir présente des risques dont un risque de perte en capital.

No items found.

Partager

Découvrir le fond

Equipe commerciale

Aucun membre de l'équipe n'a été ajouté...

Évènements

Aucun évènement à venir...

OPCVM Actions