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LAZARD FRÈRES GESTION - Essence : une hausse des prix du raffinage concomitante à celle du pétrole
28/7/2026

Graphique de la semaine
Depuis la mi-juillet, les cours du Brent ont repris près de 20 dollars. Ce chiffre masque une réalité plus saisissante : les marges de raffinage sur le gasoil européen (mesurant la différence de prix entre brut et produit raffiné) ont progressé plus vite encore, passant de 37 dollars à près de 65 dollars, un plus haut historique. Ces marges correspondent au procédé consistant à « casser » les molécules de brut en molécules plus petites, ici du diesel.
Plusieurs facteurs expliquent cette envolée supérieure à celle de la matière première elle-même. La fermeture du détroit d’Ormuz restreint bien sûr les produits raffinés en provenance du Golfe. À cela s’ajoutent la moitié des capacités russes désormais hors service, la production chinoise tournant à très faible régime (-18% sur un an selon Morgan Stanley), l’arbitrage des exportations américaines vers le Brésil et non plus vers l’Europe, l’approvisionnement plus réduit en brut américain issu de la réserve stratégique américaine (SPR), et enfin l’entrée en période de remplissage des citernes de chauffage allemandes depuis un taux anormalement bas.

NOTRE ANALYSE
Le coût réellement supporté par les ménages et les transporteurs est celui du carburant à la pompe, non celui du Brent. Le risque principal pour l’économie européenne serait une poursuite de la hausse du brut combinée à des marges de raffinage qui se maintiendraient à un niveau élevé. Dans ce contexte, le prix final des carburants pourrait atteindre un niveau supérieur à celui d’avril.
Deux conséquences : d’abord un impact plus fort sur la composante énergie des indices d’inflation, dans un contexte où les banques centrales restent très attentives aux effets de second tour. Dans un second temps : ajustement à la baisse de la demande physique en raison d’un repli de l’activité industrielle, des transports, du fret et de la consommation. Pour éviter ce scénario, la restauration des capacités de raffinage est donc indispensable. Certains facteurs techniques peuvent se normaliser indépendamment du contexte géopolitique dans les mois à venir, mais la visibilité sur la disponibilité du raffinage dans le Golfe et en Russie s’est détériorée.
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