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FIDELITY INTERNATIONAL - L’Humeur des Marchés
27/1/2026

Mikado obligataire
Édito
Déjà saturé géopolitiquement par le troll trumpien, les investisseurs - qui n'avaient pas vraiment besoin de cela - se sont fait une petite frayeur la semaine dernière. En cause, un nouveau séisme sur l'obligataire nippon. Les rendements des emprunts d'État à long terme de l'archipel ont brusquement flambé, mardi, à des niveaux inédits (Cf. graphique). Un mouvement qui n'est, en fait, qu'une réplique sismique du stress grandissant sur la dette du Japon. À l'origine de ce nouvel épisode de tachycardie, la volonté de Sanae Takaichi de dissoudre la chambre basse du Parlement, provoquer des élections législatives anticipées pour renforcer sa majorité… Et, ainsi, mettre en place son programme dispendieux de relance comprenant, entre autres, un allègement fiscal temporaire de 8 % sur les ventes de produits alimentaires. Ce, tout en continuant de faire chauffer la carte bleue nippone.
Le hic, c'est le financement de ces mesures. Suffoquant déjà sous le poids d'une dette « mammouthesque », le pays n'est pas dans les meilleures dispositions pour quêter une énième rallonge budgétaire sur le marché obligataire. Petit stress donc qui s'est traduit par un plongeon concomitant du yen - avant de rebondir en fin de semaine sur fond d'une éventuelle intervention pour enrayer la chute de la devise. Cet épisode n'est pas sans rappeler celui provoqué par Liz Truss - autre fan de Margaret Thatcher - et son mini-budget en septembre 2022. Mais cet « instant Truss » a des raisons d'inquiéter au-delà de l'archipel puisqu'il connaît des répliques sur l'obligataire américain et, à sa suite, mondial. L'envolée du rendement des emprunts d'État japonais fait craindre que les investisseurs nippons, grands acheteurs de la dette souveraine US et occidentale, ne s'en détournent au profit de celle, désormais plus attrayante, du Japon. S'il convient de relativiser cette hypothèse, ce mikado obligataire accentue, en tout cas, un peu plus le risque de ce début d'année sur les marchés. La politique budgétaire de Sanae Takaichi est désormais sous étroite surveillance. Plus que les élections du 8 février prochain, l'accueil des prochaines adjudications nippones sera le vrai test de confiance pour la Première ministre.
Le graph. de la semaine :
Le nouvel ordre obligataire au Japon

Source : Datastream, 31/12/2020 - 22/01/2026
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