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EDRAM : Le siège de Troie : Le temps long, angle mort des marchés

4/5/2026

•    Les marchés actions américains misent de nouveau sur un scénario de croissance suffisante et d’inflation maîtrisée, favorisant technologie et semi conducteurs, tandis que les secteurs défensifs sont délaissés.
•    La baisse record des stocks de pétrole brut et l’éventualité d’un blocus prolongé du détroit d’Ormuz montrent que les États Unis consomment leur marge de sécurité sans traiter le risque structurel de choc énergétique durable.
•    En zone euro, l’inflation sous jacente est en repli mais la confiance des consommateurs retombe à son plus bas niveau depuis la crise du Covid.

Les marchés actions américains se hâtent de renouer avec le récit rassurant du scénario Goldilocks : une croissance jugée suffisante pour soutenir les bénéfices, une inflation perçue comme maîtrisée, un environnement assez stable pour justifier le retour du momentum, surtout sur la technologie et l’IA. Les semi conducteurs et la tech hardware sont à nouveau favorisés, tandis que les secteurs défensifs – consommation de base, certains services – sont délaissés comme si le risque de choc durable était écarté.

Certaines données confortent cette lecture. Aux États Unis, l’activité tient, mais sans excès apparent : les mises en chantier rebondissent en mars après plusieurs mois de faiblesse, même si les permis de construire se normalisent après un début d’année perturbé par la météo. Le marché résidentiel reste toutefois sous pression, pénalisé par la remontée des taux longs liée à la guerre en Iran ; le nombre de prêts immobiliers pour l’achat demeure très faible.

L’énergie illustre bien le décalage entre le confort de court terme et les risques de long terme. Les stocks de pétrole brut ont reculé de plus de 13 millions de barils en une semaine, soit la plus forte baisse depuis juillet 2023. Si l’on intègre l’ensemble des produits distillés, la réduction des stocks dépasse même les 20 millions de barils, ceci traduisant bien le fait que le déficit d’offre mondiale de produits énergétiques commence à se constater dans la variation des stocks. À ce titre, ce sont surtout les réserves stratégiques qui ont été sollicitées, alors que les stocks commerciaux restent encore au dessus de leurs niveaux d’avant guerre.

Dans le même temps, la presse américaine rapporte que Donald Trump envisagerait un blocus prolongé du détroit d’Ormuz, ceci poussant le Brent vers ses plus hauts depuis le début du conflit. Fait plus récent, nous notons également que les maturités plus longues sont touchées par les tensions sur l’offre.

Autrement dit, les États Unis consomment leur marge de sécurité pour amortir le choc, sans pour autant s’attaquer à la racine du problème : la nature durablement plus complexe et plus risquée de ce double blocus du détroit d’Ormuz.

En zone euro, le message est ambivalent mais source d’inquiétude sur le plus long terme. En Allemagne et en Espagne, l’inflation d’avril ressort en deçà des attentes, et l’inflation sous jacente recule (2,3 % en Allemagne, 2,8 % en Espagne), ce qui peut sembler réduire la pression sur la BCE. Mais loin s’en faut si l’on observe les anticipations d’inflation des ménages. Autre ambivalence : le crédit bancaire reste bien orienté, avec 18 Mds € de nouveaux prêts aux ménages et 27 Mds € aux entreprises en mars. Mais, dans le même temps, l’enquête de confiance de la Commission européenne retombe à son plus bas niveau depuis la crise du Covid, avec une chute marquée de la confiance des consommateurs. L’accès au crédit s’améliore, mais la visibilité des ménages se dégrade.

Pendant ce temps, les marchés continuent de s’organiser autour d’un petit noyau de gagnants. Les révisions de bénéfices accélèrent fortement dans l’énergie, les semi conducteurs, certaines industries liées aux matières premières ; les segments directement exposés à la demande finale – consommation discrétionnaire, transports, une partie des télécoms - restent sous pression. La technologie, après un dé rating qui a ramené ses valorisations relatives à des plus bas de près de neuf ans, rebondit vivement, portée par les thèmes IA, alors même que le logiciel reste à la traîne. Les investisseurs se concentrent sur ce qui fonctionne aujourd’hui, en espérant que ces poches de croissance suffiront à compenser l’usure progressive du reste de l’économie.

En économie comme en géopolitique, le statu quo prolongé n’est jamais neutre : il peut ronger les marges, retarder les investissements, entretenir la défiance. Les marchés, eux, ont choisi pour l’instant de l’ignorer, préférant se focaliser sur les gagnants du moment et sur une inflation encore sous contrôle. Ils pourraient découvrir plus tard que ce temps long qu’ils traitent comme une variable secondaire était en réalité le cœur du problème. Après avoir cherché à bien accompagner le rebond des marchés depuis fin mars, tant sur les actions que sur le crédit, le temps est venu de protéger tactiquement nos portefeuilles par de nouveaux achats de couvertures, tout en restant investi.

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