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EDRAM - Flash Marchés : Ormuz se calme, l’IA s’emballe

1/6/2026

•    Les avancées diplomatiques américano-iraniennes ont calmé les craintes géopolitiques, ramenant le pétrole sous la barre des 100$ le baril et propulsant le S&P500 à un niveau record.
•    Les chiffres du PIB américain du premier trimestre 2026 ont été révisés à la baisse à +1,6 % en rythme annualisé (contre +2 % en estimation initiale).
•    Les émissions Investment Grade américaines devraient atteindre 2,5 trillions de dollars en 2026, dont une part significative émane des hyperscalers.

Cette semaine a vu une reprise des frappes ciblées américaines sur des sites militaires iraniens près du détroit d’Ormuz, ravivant les craintes de destruction des infrastructures énergétiques, avant que des avancées diplomatiques significatives ne prennent le dessus. Les négociations entre les États-Unis et l’Iran ont progressé vers un accord de principe prévoyant une extension du cessez-le-feu de 60 jours et une réouverture progressive du détroit sans péages. Ce développement a entraîné un net soulagement sur les marchés, avec un reflux marqué des cours du pétrole sous les 100 dollars le baril, après un pic au-dessus de 110 dollars. Ce mouvement offre un soulagement bienvenu sur les anticipations inflationnistes et a permis au S&P 500 d’atteindre un nouveau record.

Les chiffres du PIB américain du premier trimestre 2026, révisés à +1,6 % en rythme annualisé (contre +2,0 % en estimation initiale), illustrent un changement clair de composition de l’économie depuis le retour de Donald Trump au pouvoir. La consommation des ménages a ralenti à +1,4 %, avec une consommation de biens atone à +0,4 %, pénalisée notamment par les droits de douane. Si la balance commerciale s’améliore, particulièrement sur les biens, cela semble davantage résulter de la vigueur des exportations de pétrole et de gaz que de la politique tarifaire de la Maison Blanche. Le principal moteur de la croissance est désormais l’investissement privé brut, qui a progressé de +7 % en rythme annualisé, largement alimenté par les dépenses liées à l’intelligence artificielle, tandis que l’investissement résidentiel recule de 6 %. Les dépenses gouvernementales ont rebondi (+4,4 %) après le shutdown du trimestre précédent. L’inflation PCE a été de +3,8 % sur un an, tirée par l’énergie, tandis que l’inflation sous-jacente reste autour de +3,3 %. Cela contraste avec l’inflation en zone euro où les pressions inflationnistes sont restées étonnamment modérées en avril.

Trois goulets d’étranglement majeurs continuent néanmoins de peser sur la dynamique inflationniste mondiale.
•    Tout d’abord, les matières premières sont sous tension en raison du conflit iranien : la perturbation du détroit d’Ormuz a provoqué la plus grande disruption pétrolière enregistrée par l’IEA, avec une perte cumulée dépassant un milliard de barils à ce jour. Les fertilisants (urée en hausse de 26 à 47 %) et le GNL ont connu des pénuries marquées, alimentant les risques sur les prix alimentaires, déjà sous pression des effets climatiques d’El Niño.
•    Ensuite, les composants électroniques subissent une forte pression du boom des CAPEX IA, avec une réallocation massive des capacités de production vers les mémoires haute performance.
•    Enfin, la demande de financement s’accélère tant du côté des entreprises investissant dans les infrastructures IA que des États souhaitant atténuer les effets du conflit. Les émissions Investment Grade américaines devraient atteindre 2,5 trillions de dollars en 2026 (+11,8 % vs 2025), dont une part significative émane des hyperscalers (Amazon, Microsoft, Google, Meta, Oracle), qui ont déjà émis plus de 110 Mds$ cette année pour financer leurs data centers.

Dans ce contexte, nous maintenons une exposition constructive aux actions à moyen terme, soutenue par la résilience des bénéfices technologiques et les perspectives de désescalade géopolitique. À court terme, nous conservons nos protections en cas d’échec des négociations. Nous restons positifs sur les obligations, qui offrent des rendements attractifs et un potentiel d’appréciation en cas de résolution du conflit.

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