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EDRAM : Flash Marchés Asset Management - Une saison amère
13/9/2026
• En Europe, la BCE a relevé ses taux de 25 pb et maintient un discours restrictif, tandis que les perspectives de croissance sont revues à la hausse, à l’exception de la France.
• Aux Etats-Unis, la hausse des prix de l’énergie alimente les pressions inflationnistes, tandis que la solidité de l’emploi et de l’activité a favorisé une remontée des taux.
• Les tensions géopolitiques restent élevées, entre escalade au Moyen-Orient et progression des partis d’extrême droite en Europe, soutenant le pétrole et alimentant la volatilité à court terme.
L’élection en Saxe-Anhalt a confirmé la forte progression du parti d’extrême droite pro-russe en Allemagne, qui a recueilli plus de 44 % des suffrages. L’AFD pourrait ainsi prendre la tête de la région, avec le soutien éventuel d’un parti d’extrême gauche, également pro-russe et opposé à l’immigration. Si cette région ne représente que 2 % du PIB et 3 % de la population allemande, ce résultat fragilise le chancelier Merz et fait écho à la perspective d’une possible victoire du RN en France. Il constitue un signal d’alerte quant à une éventuelle évolution des équilibres politiques au sein de l’Union européenne, susceptible notamment d’affaiblir le soutien à Kiev, alors que la récente tentative de règlement du conflit ukrainien a échoué.
Au Moyen-Orient, les attaques croisées entre les États-Unis et l’Iran se poursuivent, avec désormais des frappes visant des pétroliers. Les attaques houthies en Arabie saoudite ont également touché des villes et des infrastructures énergétiques. Dans son discours de lancement de campagne avant les élections de mi-mandat de novembre, Donald Trump a repoussé toute perspective de résolution du conflit à l’après-élections, éloignant l’hypothèse d’un dénouement plus rapide. Le risque d’enlisement s’accroît ainsi, soutenant le prix du pétrole, qui a dépassé 100 dollars le baril cette semaine. Les prix des produits raffinés sont encore davantage affectés, du fait de la destruction de capacités de production, avec un prix à la pompe qui dépasse désormais le pic de 2022 aux États-Unis, alors même que le pétrole était alors plus cher.
La guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada se poursuit, avec l’interdiction d’importation de certains produits canadiens et l’extension des droits de douane afin de compenser l’annulation de mesures précédentes.
Aux États-Unis, la hausse des prix de l’énergie commence à se refléter dans les prix à la production, qui accélèrent à 5,4 % en août, après 4,8 % le mois précédent. La progression des salaires continue toutefois de ralentir, à 3,1 %. La croissance demeure solide avec des indices d’activité manufacturière et des services s’établissant respectivement à 54,6 et 55,4 en août, contre 55,6 et 54,1 en juillet. Les créations d’emplois non agricoles progressent nettement, à 162 000 en août, contre 55 000 attendues. Depuis le début de l’année, elles atteignent 80 000 en moyenne mensuelle, un niveau supérieur au seuil d’équilibre.
Ce contexte macroéconomique a favorisé une remontée des taux. L’annonce par le Trésor américain de 6 Mds$ de rachats d’obligations longues n’a pas suffi à l’enrayer, ce montant ayant été jugé décevant par le marché.
La BCE a acté la hausse des taux de 25bp anticipée sur les marchés. Son discours s’est révélé plus restrictif qu’attendu, elle a laissé ouverte la possibilité d’un nouveau relèvement dès octobre si les données le justifient, ce qui impliquerait une accélération du rythme de resserrement. Ses projections d’inflation repoussent le retour vers la cible, avec une inflation attendue à 2,5 % en 2027 et 2,1 % en 2028. Les prévisions de croissance sont par ailleurs relevées de 30 points de base sur les deux prochaines années, à 0,9 % en 2026 et 1,4 % en 2027.
La France fait exception, avec une prévision de croissance pour 2026 abaissée à 0,5 %, contre 1 % initialement prévu. Cette révision pourrait compliquer l’atteinte de l’objectif de déficit public de 5 %, malgré des recettes fiscales supérieures aux attentes.
Alors que le marché domestique chinois demeure atone, la Chine devrait enregistrer un excédent commercial record, porté par une hausse de 6 % des exportations en août. L’excédent bilatéral avec les États-Unis progresse de 44 % et atteint un sommet depuis le retour de Donald Trump au pouvoir. Cette dynamique soutient les prix à l’exportation, en hausse de 3,8 %.
Au Japon, le salaire moyen progresse de 4,7 % sur un an et la croissance du PIB au deuxième trimestre a été révisée à la hausse, à 1,4 %. Ces éléments plaident en faveur de nouvelles hausses de taux de la Banque du Japon. À l’inverse, les membres de la Banque d’Angleterre ont modéré les anticipations de resserrement monétaire, estimant que le risque inflationniste est limité par la dégradation du marché du travail.
Dans ce contexte portant les taux sur des niveaux historiquement attractifs nous maintenons notre recherche de portage via le crédit notamment et les taux au sens large. Les déclarations de Donald Trump accroissent le risque de volatilité à court terme mais ne changent pas la perspective d’une résolution du conflit et nous incitent à maintenir nos vues positives sur les actions, principalement à travers le prisme de l’innovation avec le Big Data et l’IA. Enfin, nous maintenons notre score négatif sur le dollar.
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