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EDRAM : ENCORE UNE SEMAINE MARQUÉE PAR LE CONFLIT AU MOYEN-ORIENT
29/3/2026

• La semaine a été dominée par l’escalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran autour du détroit d’Ormuz, suivie d’un relatif apaisement avec le report de l’ultimatum américain.
• Les négociations avec l’Iran restent très compliquées, les exigences de Téhéran étant largement incompatibles avec les demandes américaines et israéliennes, malgré des échanges indirects via des intermédiaires.
• Plusieurs banques centrales ont adopté un ton plus restrictif face aux craintes inflationnistes liées à la hausse des prix de l’énergie, en particulier, la BCE qui prévoit désormais plus de trois hausses de taux d’ici fin 2026.
La semaine s’est ouverte sur une escalade des tensions avec l’annonce d’un ultimatum américain dans le week-end avec une échéance le lundi, rejeté par l’État iranien. Donald Trump menaçait de viser des infrastructures énergétiques en Iran si le détroit d’Ormuz n’était pas réouvert. Cependant, il a rapidement reculé la date de l’échéance de 5 jours, évoquant une reprise des discussions avec les autorités iraniennes, entrainant un rebond des actifs risqués et une forte baisse des prix du pétrole. Les investisseurs ont voulu voir quelques signes d’amélioration alors que quelques bateaux ont pu traverser le détroit et que l’Iran disait que les bateaux des pays « amis » seraient autorisés à passer.
Si la tenue de négociations a été démentie par les Iraniens, des échanges indirects auraient lieu par l’intermédiaire, entre autres, du Pakistan. Les États-Unis et l’Iran ont, chacun annoncé une liste de demandes en vue de pourparlers de respectivement 15 et 5 points. L’Iran demande un arrêt total des frappes, des garanties que la guerre ne reprendra pas, le paiement de dommages et intérêts, la fin complète des conflits sur tous les fronts liés à l’Iran et ses alliés (y compris au Liban) et la souveraineté sur le détroit d’Ormuz. Tous ces points vont à l’encontre des demandes américaines et israéliennes et les négociations sont compliquées.
Dans cet environnement, les statistiques économiques sont moins regardées. La publication des indicateurs avancés a montré une matérialisation des craintes avec une baisse des PMI Composite en zone Euro et au Royaume-Uni un peu plus forte qu’attendue, notamment à cause de l’indice des services. Le mouvement a été similaire mais de moindre ampleur sur les indices américains. D’autre part, les interventions des membres des banques centrales ont eu un ton plus restrictif en raison des craintes sur les conséquences inflationnistes du conflit et de la hausse des prix de l’énergie. Un discours de Christine Lagarde a notamment pesé sur l’évolution des taux et les investisseurs anticipent maintenant plus de trois hausses de taux de la BCE d’ici la fin de l’année.
Dans ce contexte de volatilité, nous considérons que l’état sous-jacent de l’économie mondiale reste relativement résilient et prenons acte des échanges, même indirects, entre les États-Unis et l’Iran. Nous conservons notre volonté de nous réexposer davantage au marché à la suite de fortes baisses sur les actifs risqués et avons ainsi remonté notre vue crédit à un score neutre / légèrement positif, le scénario de récession n’ayant pas atteint nos seuils d’alerte.
ACTIONS EUROPÉENNES
Les marchés européens sont restés particulièrement instables cette semaine, alternant entre phases de rebond et de correction au gré des développements géopolitiques. Dans ce contexte d’enlisement du conflit en Iran, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a entamé une visite au Moyen-Orient afin de proposer l’expertise ukrainienne dans la lutte contre les drones en échange d’un soutien en matière de défense. Cette montée des tensions a ravivé les craintes sur l’énergie et les matières premières, le CEO de Shell évoquant un risque de pénurie de carburant en Europe dès le mois d’avril, tandis que les prix du jet fuel ont déjà doublé depuis le début du conflit.
Sur le plan macroéconomique, la semaine a été marquée par la publication des indices PMI en Europe : les indicateurs manufacturiers sont ressortis au-dessus des attentes en France, en Allemagne et au Royaume-Uni, les PMI Services ont, à l’inverse, déçu. En France, la publication du déficit public à 5,1 % du PIB pour 2025, contre un objectif de 5,4 %, a néanmoins constitué une surprise positive, apportant un soutien relatif au sentiment des investisseurs.
Du côté micro, l’actualité a été particulièrement dense, avec de nombreuses annonces. Dans la santé, AstraZeneca a publié des résultats de phase 3 positifs pour son traitement de la toux du fumeur/COPD, tandis que Novartis a renforcé son pipeline dans les traitements anti-allergiques en rachetant Excellergy pour 1,6 Md CHF. Dans la consommation, H&M a fait état de ventes du premier trimestre en deçà des attentes malgré une marge brute solide, tandis qu’Asmodee a poursuivi sa stratégie de croissance en rachetant ATM Gaming pour 180 M€. Pernod Ricard a de son côté confirmé des discussions préliminaires avec Brown-Forman en vue d’une fusion d’égal à égal. Dans la défense, Rheinmetall étudierait une offre sur EM&E après l’échec du rapprochement avec Indra, tandis que Volkswagen serait en discussions avec Rafael Advanced Defence Systems pour réorienter une usine automobile vers la production de systèmes de défense antimissile. Au-delà de ces secteurs, plusieurs annonces idiosyncratiques ont également marqué la semaine : Edenred fait face à une enquête de l’autorité antitrust italienne pour abus de position dominante présumé, Jungheinrich a publié des résultats 2025 inférieurs aux attentes mais une guidance de marge 2026 supérieure au consensus, et Eiffage a renforcé sa participation dans Getlink à 29,4 %. Veolia a par ailleurs annoncé l’acquisition de l’australien Enviropacific dans les PFAS, renforçant significativement sa position sur ce marché, tandis que la prudence est de mise sur les rumeurs de fusion entre Kone et TK Elevator en raison des risques antitrust. Enfin, dans les semi-conducteurs, ASML a alimenté les spéculations après des rumeurs d’expansion vers l’Hybrid Bonding et l’Advanced Packaging, relançant notamment les hypothèses de consolidation autour de BESI.
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