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EDRAM - Flash Marchés : L'instant Roi

8/6/2026

•    L’évolution de la situation géopolitique a douché les espoirs de signature imminente d’un accord de cessez-le-feu de la semaine dernière.
•    Malgré ce contexte incertain, le marché demeure convaincu d’une issue favorable aux tractations diplomatiques.
•    En zone euro, l’inflation remonte à 3,2 % en mai (vs 3,0 % en avril) et les prix à la production rebondissent à 4,9 %, renforçant les anticipations de relèvement des taux par la BCE le 11 juin prochain.

L’évolution de la situation géopolitique a douché les espoirs de signature imminente d’un accord de cessez-le-feu de la semaine dernière. La demande américaine d’un engagement ferme de l’Iran à renoncer à l’arme nucléaire, conjuguée à l’intensification du conflit au Liban, a ravivé les tensions et conduit à de nouvelles frappes iraniennes. Un accord de cessez-le-feu a bien été conclu entre le Liban et Israël, mais il reste rejeté par le Hezbollah.

Malgré ce contexte incertain, le marché demeure convaincu d’une issue favorable aux tractations diplomatiques, comme en témoigne le paradoxe de la déclaration de Donald Trump évoquant « le milieu de la fin » des négociations pour mettre fin à la guerre en Iran. Ce dernier voit d’ailleurs la pression intérieure s’intensifier, avec un vote (non contraignant) de la Chambre des représentants visant à réduire ses marges de manœuvre financières et diplomatiques et à mettre un terme au conflit, soutenu par quelques élus républicains.

Aux États Unis, les composantes « prix » des ISM manufacturier et non manufacturier restent élevées, à respectivement 82,1 et 71,3 en avril. Les nouveaux droits de douane envisagés par l’administration Trump, entre 10 % et 12,5 % sur 60 pays accusés d’insuffisance dans la lutte contre le travail forcé, qui devraient prendre le relais de droits arrivant à échéance fin juillet, ne sont pas de nature à alléger ces pressions inflationnistes.
Les données d’activité s’améliorent, avec des indices ISM manufacturier et non manufacturier à 54 et 54,5 en mai, contre 52,7 et 53,6 en avril, en partie soutenus par des commandes de précaution liées à l’incertitude politique. Le marché de l’emploi surprend également à la hausse, avec des offres d’emplois JOLTS en nette progression à 7618k en avril contre 6887k en mars, et des créations d’emplois ADP à +122k en mai contre 109k en avril. Ces éléments renforcent la probabilité d’une inflexion de la politique de la Fed en faveur d’une hausse des taux d’ici la fin de l’année.

En zone euro, l’inflation globale progresse en ligne avec les attentes, à 3,2 % en glissement annuel en mai, contre 3,0 % en avril, avec une Allemagne à contre courant grâce aux mesures gouvernementales (reflux à 2,6 % contre 2,9 %). Les prix à la production rebondissent nettement, à 4,9 % en mai après 2 % en avril. L’indice PMI composite d’activité économique ressort au dessus des attentes, à 48,5 contre 47,5. En revanche, les ventes au détail reculent de 0,4 % sur un mois en avril. L’ensemble de ces données conforte les anticipations de hausse de taux par la BCE en juin.

Du côté de la Banque du Japon, Kazuo Ueda a ouvert la voie à une hausse de taux dès juin pour répondre aux pressions inflationnistes.

Dans ce contexte, marqué par l’attente d’une résolution permettant la réouverture du détroit d’Ormuz, nous maintenons une exposition positive aux actions à moyen terme, tout en conservant nos protections en cas d’échec des négociations. Notre positionnement sur les taux et le crédit demeure positif, mais vigilant face aux risques inflationnistes à court terme.

Actions européennes

Cette semaine a été portée par un newsflow très dense autour de la thématique technologique en Europe, entre renforcement de la souveraineté numérique, développement des infrastructures liées à l’intelligence artificielle et recomposition des indices boursiers.

Sur le plan macroéconomique, l’Union européenne a dévoilé son projet de Chips Act 2.0, confirmant sa volonté de réduire sa dépendance technologique vis-à-vis des pays tiers. Le plan vise à soutenir simultanément l’offre, via le développement de nouvelles capacités de production et l’industrialisation de technologies stratégiques, mais également la demande à travers les commandes publiques, les infrastructures d’IA et les data centers. Cette orientation se reflète également dans les changements au sein du STOXX Europe 600, avec plusieurs entrées fortement exposées à la technologie et aux semi-conducteurs telles que Soitec, AT&S, Comet ou Inficon. Peu de données ont été publiées cette semaine, à l’exception du taux de chômage de la zone Euro qui ressort à 6,3 %.

Du côté micro, les publications de résultats ont été relativement limitées. Dans la consommation, Inditex a publié un très bon trimestre avec une croissance des ventes et des marges supérieures aux attentes, tandis que le début du deuxième trimestre ressort particulièrement solide avec une progression des ventes de 11,5 %. Rémy Cointreau a coupé de moitié son dividende mais sa guidance implique un retour à la croissance en 2027, même si l’environnement du cognac reste difficile. Dans le conseil et les services numériques, Wavestone a publié de bons résultats portés par l’IA, qui représente désormais 17 % du chiffre d’affaires du groupe, soit le double d’il y a un an, tout en soulignant que près de 15 % de ses activités pourraient progressivement être remplacées par l’IA.

L’actualité a également été riche en annonces stratégiques. Dans la défense, Rheinmetall a remporté un contrat de 5,7 Mds€ en Roumanie portant sur des véhicules blindés, des systèmes de défense aérienne et des munitions, tandis que le CEO de CSG a ouvertement évoqué son intérêt pour une prise de participation au sein de KNDS. Dans les logiciels professionnels, Wolters Kluwer a annoncé un partenariat avec OpenAI afin de combiner ses bases de données propriétaires aux LLM.

Enfin, les thèmes des data centers et de l’électrification demeurent centraux. STMicroelectronics a fortement relevé ses perspectives dans les data centers pour 2026 et 2027. Lors du sommet Choose France, SoftBank Group a annoncé envisager jusqu’à 87,5 Mds$ d’investissements dans les infrastructures d’IA en France. Dans le même temps, Siemens Energy a annoncé un programme de rachat d’actions de 1 Md€, tandis que la start-up quantique française Quobly a levé 115 M€ auprès de plusieurs investisseurs industriels, dont STMicroelectronics et Air Liquide.

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