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DORVAL AM : Quels taux d’intérêt mondiaux dans le scénario de désescalade en Iran ?

12/5/2026

Alors que les marchés anticipent toujours une désescalade dans le Golfe persique, assisterons-nous à une baisse significative des taux d'intérêt à long terme ? La réponse est complexe et dépendra d'un jeu subtil de dynamiques mondiales et locales. Initialement orientés à la baisse en février, les taux d'intérêt à long terme ont connu une remontée notable depuis le début de la crise iranienne. Contrairement aux marchés des actions, les marchés obligataires ont suivi de près l'évolution des prix du pétrole à terme (graphique 1).

Là où les marchés actions anticipent un monde résilient, porté par l’IA et la prospérité des entreprises cotées, les marchés obligataires semblent craindre un impact plus durable de la crise iranienne. Plusieurs raisons justifient cette prudence :

1. La transition vers la normalisation des approvisionnements : L'intensité des perturbations sur les chaînes d'approvisionnement a atteint, en avril, des niveaux records, surpassés uniquement lors de la réouverture post-Covid (graphique 2). Même en cas de réouverture rapide du détroit d'Ormuz, le retour à la normale des approvisionnements en produits dérivés du pétrole, mais aussi en engrais, pourrait prendre plusieurs mois. Une course à la reconstitution des stocks pourrait aussi maintenir la pression sur les prix, prolongeant et potentiellement diffusant l'inflation.

2. Les taux réels et la résilience de la croissance : Si la croissance mondiale parvient à absorber le choc énergétique puis à rebondir, notamment aux États-Unis où le secteur de l'IA stimule les besoins de financement, les taux réels à long terme pourraient se stabiliser à des niveaux supérieurs à ceux d'avant la crise. Dans ce scénario, la désinflation apportée par la réouverture d'Ormuz aurait un impact positif moins marqué sur les marchés obligataires.

3. La situation japonaise : Les récentes interventions de la Banque du Japon (BoJ) pour soutenir le yen illustrent la fragilité de la normalisation monétaire nippone. Malgré des hausses récentes, les taux courts (actuellement 0,75%) restent inférieurs à l'inflation. Les politiques monétaire et budgétaire japonaises continuent d'interroger les investisseurs, exerçant une pression sur les maturités longues de la courbe des taux japonais (graphique 3) et contribuant à la prudence générale des acteurs obligataires mondiaux.

Le cas particulier de l'Europe

La BCE a très tôt laissé planer la menace d’une hausse des taux cet été, ce qui a pesé sur les marchés obligataires. Elle reste cependant prudente dans son discours devant la chute du climat des affaires que la crise en Iran a déjà provoqué. L'indice PMI des services a chuté nettement sous le seuil de 50 en avril, contrastant avec la situation aux États-Unis, en Chine et au Japon. De plus, la hausse des prix du gaz naturel européen a été contenue, en partie grâce à une demande chinoise de GNL moins forte qu'anticipé. Les prix de l'électricité demeurent donc sages, limités par une contribution accrue du nucléaire et des énergies renouvelables par rapport à 2022.
En zone euro, l’amélioration des perspectives de croissance que provoquerait une réouverture du détroit d’Ormuz aurait un impact positif sur une partie importante des marchés de dettes souveraines. Les taux longs français et italiens, en particulier, souffrent en effet d’une prime de risque de crédit par rapport à l’Allemagne, prime qui pourrait se réduire si les perspectives de croissance s’amélioraient.

Ces dynamiques complexes ont permis aux marchés obligataires européens de retrouver une certaine sérénité après un mois de mars difficile. Les taux longs allemands semblent s'être stabilisés autour de 3%, tandis que les taux français et italiens ont rebaissé (graphique 4).

Une réouverture – certes encore hypothétique – du détroit d'Ormuz engendrerait donc des effets multiples et contradictoires sur les taux mondiaux à long terme. Les anticipations d'inflation à court terme diminueraient assurément, mais avec une ampleur et un rythme qui dépendront de la vitesse de normalisation des approvisionnements. Parallèlement, les anticipations de croissance augmenteraient, exerçant une pression haussière sur les taux souverains, à l'exception notable de la France et de l'Italie. La situation japonaise demeurera un point de vigilance important, les conditions d'une stabilisation durable du yen et des taux longs nippons restant encore à définir.

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