Toutes les informations disponibles sur le site Cros Assets ont un caractère exclusivement indicatif et ne constituent en aucun cas une incitation à investir et ne peuvent être considérées comme étant un conseil d’investissement. En aucun cas, les informations publiées sur ce site ne représentent une offre de produits ou de services pouvant être assimilée à un appel public à l’épargne, ou à une activité de démarchage ou de sollicitation à l’achat ou à la vente d’OPCVM ou de tout autre produit de gestion, d’investissement, d’assurance...
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Contactez les sociétés de gestion afin d’évaluer le risque des supports. Le présent site ne vise que les professionnels de la finance. Il n’est pas destiné à être consulté par des internautes non professionnels ne possédant pas l’expérience, les connaissances et la compétence nécessaires pour prendre leurs propres décisions d’investissement et évaluer correctement les risques encourus.

AURIS GESTION : Retour à la réalité
27/7/2026

Il aura finalement fallu que le baril de Brent franchisse de nouveau les 100 dollars pour que les marchés financiers ne considèrent plus la reprise des hostilités au Moyen-Orient comme de simples bruits de marché. Après plusieurs semaines durant lesquelles les investisseurs avaient largement relativisé le regain de tensions entre les États-Unis et l’Iran, l’intensification des frappes et l’élargissement du conflit à la mer Rouge ont fini par provoquer un premier véritable mouvement « risk-off ».
Les inquiétudes ne viennent plus seulement du détroit d’Ormuz, où la circulation des navires reste à l’arrêt, mais de l’ouverture d’un second front autour du détroit de Bab-el-Mandeb. Les rebelles Houthis, soutenus par Téhéran, ont en effet annoncé un blocus maritime visant l’Arabie Saoudite et attaqué plusieurs pétroliers ainsi que des installations énergétiques situées sur la côte saoudienne. Le trafic maritime dans le détroit est ainsi tombé dimanche à son plus faible niveau depuis plusieurs mois, faisant peser une menace simultanée sur les routes d’exportation du Golfe et de la mer Rouge.
La réintégration d’un scénario de choc pétrolier a donc logiquement poussé le prix du baril à la hausse, impactant également les prix européens du gaz qui ont retrouvé leurs niveaux du début de 2023. Cette remontée a poussé les taux souverains vers de nouveaux sommets : le taux allemand à dix ans a atteint son plus haut niveau depuis 2011 tandis que l’OAT repassait la barre symbolique des 4%, une première depuis 2009. L'interruption des frappes américaines et iraniennes depuis trois jours ainsi que les déclarations des deux parties se disant toujours ouvertes au dialogue ont toutefois offert un léger répit aux marchés, malgré les prises de position toujours aussi contradictoires de Donald Trump.
Cette incertitude replace surtout les banques centrales dans une position particulièrement inconfortable à l’approche de la pause estivale et donne du grain à moudre aux tenants d’une ligne hawkish, notamment au sein de la BCE. L’institution européenne, qui a maintenu ses taux directeurs inchangés, considère que la hausse actuelle des prix de l’énergie reste compatible avec ses dernières projections tout en reconnaissant qu’aucun effet de second tour ne s’est encore matérialisé. La reprise du conflit suffit cependant à maintenir l’hypothèse d’une nouvelle hausse des taux directeurs en septembre. Du côté de la Fed, qui se réunit cette semaine, la situation est différente. L’activité et le marché du travail américains restent suffisamment robustes pour lui permettre de conserver un biais restrictif, d’autant que l’inflation demeure supérieure à sa cible. Néanmoins, les dernières statistiques d’inflation plaident plutôt pour le statu quo, ce qui permettrait à Kevin Warsh de maintenir un discours hawkish sans prendre le risque de réagir à une hausse du pétrole qui pourrait, une nouvelle fois, se révéler transitoire.
Le véritable retour à la réalité pourrait toutefois venir d’un autre front. Malgré la croissance spectaculaire de son activité Cloud, Alphabet a lourdement chuté après la publication de ses résultats, suite à l’annonce d’une nouvelle hausse de son programme de capex pour cette année, désormais attendu entre 195 et 205 milliards de dollars. Surtout, pour la première fois depuis son introduction en Bourse en 2004, Alphabet a publié un free cash-flow négatif, les investissements massifs dans les data centers et les infrastructures liées à l’IA ayant dépassé les flux de trésorerie générés par son activité.
Après plusieurs trimestres à saluer chaque hausse d'investissements comme un gage d'innovation, les investisseurs exigent désormais des preuves plus concrètes de leur rentabilité. Ce sujet sera au cœur des attentions alors que Microsoft, Meta et Amazon publieront leurs résultats cette semaine.
%20(1).png)
