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AURIS GESTION : Retour à la case départ ?

15/7/2026

Comme on pouvait s’y attendre, les soixante jours de trêve censés permettre aux États-Unis et à l’Iran de négocier un accord global n’allaient pas être une sinécure. Après plusieurs jours de regain de tensions, les échanges de frappes se sont intensifiés, constituant le test le plus sérieux pour le protocole d’accord conclu à la mi-juin. L’Iran a en effet frappé plusieurs installations américaines dans les pays du Golfe, tandis que les États-Unis ont ciblé des systèmes de défense aérienne, des radars côtiers ainsi que des capacités iraniennes de missiles et de drones.

Comme depuis le début du conflit, chaque camp accuse l’autre d’avoir violé le cessez-le-feu. Cette nouvelle séquence d’hostilités aurait été déclenchée par l’attaque iranienne d’un navire commercial auquel Téhéran reprochait de ne pas avoir respecté les voies de circulation qu’il avait définies et d’avoir emprunté le côté omanais du détroit plutôt que les eaux proches des côtes iraniennes. La réalité de la situation dans le détroit reste toujours peu lisible : alors que Téhéran affirme avoir de nouveau fermé le détroit, Washington assure au contraire que celui-ci reste ouvert et que le trafic maritime continue sous protection américaine.

Si le détroit reste donc ouvert… selon le côté où l’on se place, toujours est-il que le nombre de navires empruntant officiellement cette voie a de nouveau chuté, sans pour autant perturber outre mesure les marchés financiers. Le prix du Brent a certes rebondi, mais demeure sous le seuil des 80 dollars le baril, un niveau qui aurait encore paru inespéré il y a quelques mois. Les marchés actions américains restent en lévitation et continuent d’évoluer à proximité de leurs plus hauts historiques, tandis que les indices européens, davantage exposés au risque énergétique, ne cèdent qu’environ 2% sur la semaine. Finalement, seuls les marchés obligataires ont véritablement réagi : les taux souverains se sont nettement tendus, dans des proportions bien supérieures à ce que le seul rebond des prix du pétrole pouvait laisser présager.

Cette apparente indifférence des marchés n'a finalement rien d'exceptionnel. Les investisseurs réagissent toujours vigoureusement à l'irruption d'un risque nouveau remettant brutalement en cause le scénario économique dominant. Une fois l'effet de surprise dissipé, ils apprennent progressivement à vivre avec. Les épisodes de tensions cessent alors d'être perçus comme des événements exceptionnels pour devenir des éléments du paysage. Les soubresauts rappellent la nécessité d’une prime de risque géopolitique sans remettre en cause le scénario d'une résolution, certes laborieuse, mais progressive du conflit.

La saison des résultats, qui s'ouvre cette semaine aux États-Unis, pourrait justement offrir aux investisseurs un prétexte pour tourner rapidement la page de ce nouvel épisode géopolitique et permettre de se recentrer sur les fondamentaux. Au-delà des grandes banques, qui donneront le coup d'envoi des publications, le secteur de la tech sera naturellement particulièrement scruté. En effet, depuis plusieurs mois, la progression des indices américains repose largement sur les entreprises liées à l’IA, dont les investissements massifs et les perspectives de croissance ont porté les valorisations à des niveaux particulièrement élevés. Il leur appartient désormais de confirmer ces attentes dans leurs résultats… ou plutôt de les dépasser au risque de décevoir.

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